lundi 28 avril 2008

WADI RUM : LE RETOUR !




Salut à tous,
Le scribe de Wadi Rum a retrouvé ses tablettes et son stylet et va vous narrer, cette saison encore, les événements marquants de cette nouvelle navigation, avec la volonté et l’espoir de vous emmener un peu avec nous….
Ca a commencé par un vol sur Athènes avec Easyjet ! On a ce qu’on mérite, ou plutôt ce qu’on a accepté de payer ! C’est vraiment du service minimum du minimum : ça décolle à l’aube, donc il faut être à l’aéroport en pleine nuit, heureusement Marie et Hubert ont gentiment fait le taxi, faut bien faire attention en réservant son billet sur internet de ne pas oublier d’indiquer qu’on a des bagages…sinon on paye le prix fort ( comme nous, pauvres incompétents en internet) et, à bord, tout est payant, même un gobelet d’eau, les toilettes sont gratuites !Si, si ! Sinon, tout est ok !
Les grecs parlent grec, normal de n’y rien comprendre, mais ils écrivent aussi en grec ! Alors là, c’est encore plus compliqué, et c’est vraiment indéchiffrable, malgré les quelques lettres grecques utilisées en maths ou en physique, quand nous étions sur les bancs de l’école. Heureusement, ils sont très gentils, serviables, et baragouinent le même anglais que le nôtre, alors, on se débrouille pour trouver le bon bus, pour Preveza, le bon quai et la bonne heure de départ.
Une fois dans le bus, il faut absolument, ou dormir, ou se concentrer sur le paysage, car si vous avez le malheur de regarder la route , leur manière de conduire, y compris les chauffeurs de bus, est stupéfiante sinon terrifiante…ligne jaune , double ligne jaune, course amicale entre le bus et les camions , évidemment sur la voie de gauche, (en face, tout le monde se serre à droite contre le bas-côté) stop fantaisiste, vitesse off-limit….Et on arrive enfin à Preveza après 5h et demi de corrida ! Le chauffeur est ravi, détendu et souriant et va passer le manche à un autre torero !
Et nous retrouvons notre Wadi Rum, perché sur son ber, au sec, depuis Octobre. Il est couvert de sable rouge du désert…Une semaine de gros et petits travaux est nécessaire pour le remettre en état de naviguer, les voileux comprennent : nettoyer, laver, caréner, gréer les voiles, installer capotes, cagnards et bimini, tout graisser, lubrifier, vérifier tout, des anodes de la coque, à la tête de mât, remettre le moteur en route, remettre à poste le HB, les mouillages….la liste est interminable…mais c’est sympa, on le bichonne ! Le travail donné à faire au chantier, n’est pas fait, évidemment ! Ils sont adorables, mais il faut être derrière sans arrêt pour que tout soit fait le jour de la mise à l’eau… et c’est du travail…du sud du sud !!
C’est assez étonnant, cette semaine au chantier : on vit et on bricole à 3 mètres de haut, en montant et descendant l’échelle 100 fois par jour. Autour, plus de 300 bateaux comme nous. Et autour encore, un marais dont les milliers de grenouilles coassent jour et nuit, comme les vaches dans les prés, à coté (elles, elles meuglent !), comme les corbeaux d’ici, les corneilles plutôt, qui croassent (petite leçon de vocabulaire !). A propos des corneilles, amis ornithos, ici elles sont grises avec la tête, le plastron et la base des ailes noires, et comme chez nous, en Poitou, elles volent sur le dos pour ne pas voir la misère du pauvre monde…et, le soir, ce sont des dizaines de lucioles qui font le spectacle avec leur feu intermittent (isophase !) Et, surtout, nous y avons fait la connaissance de Piero et Paola, italiens adorables, qui viennent depuis 20 ans et qui nous ont donné des tas de tuyaux pour naviguer dans le coin…
Bref, au bout de 8 jours de labeur, avec une météo ensoleillée et chaude (short et T-shirt), hé oui, Wadi Rum est remis à l’eau avec un lift tout neuf « télécommandé » ! Le pilote marche à coté avec sa télécommande comme s’il faisait voler un avion-jouet, sauf que c’est un engin immense qui peut porter des bateaux de trente tonnes ! La mise à l’eau est toujours un moment important… bon ça va, il flotte, le moteur démarre au quart de tour, et nous traversons la baie, pour nous amarrer, un mille plus loin, dans le port de Preveza.
Nous y restons tout le week-end, avec un autre bateau français, skippé par Claude et Pierrette, pour vivre la fête de Pâques orthodoxe, leur plus grande fête…cérémonies religieuses, très longues, dans les églises, processions le soir du vendredi saint, dans les rues de la ville, suivies par une foule immense, (pourtant il n’y a pas beaucoup de spectacle !) Puis nous irons naviguer dans le golfe d’Arta ou Amvrikia, petite mer intérieure tranquille.
YASSAS, au revoir !

Pb de blog+++

Re salut Yves>>>je n arrive pas apasser de ma cle USB a cette page de texte pour faire un copier coller... en plus i cause que en grec... tu vois ma detresse >>> prends le relais encore cette fois MERCI JJ

jeudi 28 février 2008

J'essaie de prendre la main

Salut à tous ! Oui , j'essaie de prendre la main sur Larry qui s'occupait du blog de Wadi Rum jusqu'à présent! Ji va icrire moi même, mintnon, pitêtre! BIZ JJ

mercredi 31 octobre 2007

Salut à tous ,
Or donc, nous nous sommes quittés, dans le dernier message, à Gallipoli, ville très sympa et authentique du talon de la botte ! Le mauvais temps faisait rage dehors , et nous on était bien à l’abri dans un coin de ce grand port de pêche et de commerce, derrière ce voilier suédois , et Ragnvald et Brita sont vite devenus nos amis. Mais nous y sommes restés 8jours, because la bourasca, ce qui est une longue escale….(Ragnvald a passé 10ans à construire tout l’intérieur en bois de leur bateau, superbe et fou !! comme notre Michel Marmotte !)
Chaque matin vers 9h, un petit bateau de pêche, le San Cosimo Damiano, 12m de long, s’amarre derrière nous après sa nuit de travail, avec son équipage composé des 4 frères Buccarella, Fernando le patron, Franco, Luigi et Gino. Chaque matin, sans un jour d’arrêt, sauf en cas de gros mauvais temps, ils sont là, pour décharger le maigre butin d’une nuit de pêche, et le vendre en 5 minutes aux clients qui les attendent. Et aussitôt ils débarquent leurs 5kms de filets, ( oui , 5kms !), à la main , en les démêlant et en repérant les zones déchirées, pour les ravauder aussitôt(avec quelle adresse et rapidité !) et les recharger, sur le bateau, bien rangés, prêts pour la nuit suivante.
Le deuxième matin, j’ai proposé, timidement, mon aide pour démêler les filets : on est deux, face à face, à tirer sur les bords du filet, en l’alignant bien, en faisant un tas régulier sur le sol. D’abord surpris, ils ont accepté mon coup de main en souriant et plaisantant puis celle de Sylvie (gros succès populaire !)! Faut reconnaître que c’est un sacré boulot, qu’ils font à toute vitesse et il a fallut leurs encouragements et toute notre attention pour garder la cadence, mais ils étaient ravis. La communication était difficile, mais Sylvie se débrouille de mieux en mieux, et avec les mains et des sourires on y arrive ! Les clients, sur le quai, étaient aussi tout étonnés de voir les « francese » au boulot avec Fernando et ses frères. Un gros poulpe a récompensé notre travail (dans le froid et la pluie !). Lequel poulpe, a pris une bonne tannée pour l’attendrir, et, de fait, il fut délicieux. Puis Fernando a tenu à nous inviter chez lui pour déjeuner le lendemain dimanche midi ! Malgré notre gène, impossible de refuser.
Le lendemain, les habitudes étaient prises, et ma place aux filets réservée. Un gâteau au chocolat de Sylvie a été fort apprécié. Malgré la dureté de leur travail, ils sont toujours à rigoler, à plaisanter… quel dommage de ne pas parler l’italien, ou plutôt leur dialecte ! Et Franco nous a préparé un super sandwich : un petit pain rond, bien arrosé d’huile d’olive et garni de morceaux de seiche crue ! (oui crue !) Un peu d’hésitation à la première bouchée… eh bien c’est fameux, ferme et légèrement croquant, mais il faut que la seiche frétille encore ! ou presque ! A l’heure dite, ils viennent nous chercher en voiture car il pleut des cordes. Ce déjeuner chez Fernando, restera un moment de convivialité qu’on n’oubliera pas. On est accueilli par Rosaria sa femme, et par Frederica, Maria-Estrella et Serena ses filles, de 23 à 14 ans… les petits plats ont été mis dans les grands …. Et on arrive à se raconter nos vies…et on passe un moment très agréable. On n’oubliera pas leur accueil, leur simplicité et leur gentillesse….
Enfin, au bout de 8jours, le temps s’améliore et nous quittons Gallipoli, à l’aube juste après nos copains suédois. Cap au SE, pour une navigation qui doit nous amener directement à Preveza en Grèce ; 2 jours et une nuit sont prévus. « Comme d’hab » moteur obligatoire : vent nul ! Au bout d’une heure de route on tombe sur Fernando et ses frères en pêche au large ….derniers grands gestes pour se dire adieu…moment d’émotion ! Et Wadi Rum continue son chemin.
La nuit suivante est superbe, pleine lune qui éclaire magnifiquement une mer d’huile avec une légère longue houle…et l’aube prend son quart quand la lune se couche. Et là, en 2heures, le vent monte de plus en plus jusqu’à 22nds (force 6), en levant une mer affreuse, courte, cassante et devinez quoi ? le vent est de face ! On tire des bords, grand voile à 1 ris et génois réduit, mais ces bords sont carrés, c'est-à-dire que Wadi Rum ne gagne rien vers sa destination dans cette mer hachée et dure ! A midi, il faut se rendre à l’évidence, on ne sera pas à Preveza ce soir et je n’ose pas m’appuyer au moteur, la jauge de gas-oil est au plus bas….la mort dans l’âme, demi-tour pour rejoindre, au portant, le joli petit port de Gaios, dans l’île de Paxos ! Ce n’est pas un drame, mais on souhaitait tellement arriver à notre dernière étape ! Nouvelle leçon de patience et d’humilité.. C’est la mer qui décide, toujours ! Mais cette sacrée Méditerranée nous aura fait des vacheries jusqu’au bout !
C’est donc le lendemain soir qu’on touche Preveza. On est vendredi 26 octobre c’est la fin de notre périple . Ca va faire 5 mois et demi de vagabondage et 4000 milles parcourus…. Et à Préveza , nouvelle page d’histoire : rappelez vous , en 44 avant JC , Jules César, le copain d’Astérix, est assassiné, s’ensuit une belle pagaille, ou plutôt une guerre civile qui oppose Octave à Antoine, le petit copain de Cléopâtre l’égyptienne, qui veulent tous les deux être maître de Rome et de ses immenses territoires et c’est ici qu’ils ont réglé définitivement leurs affaires : les galères d’Antoine et de Cléopâtre, son alliée, ont pris une bonne raclée par celles d’Octave, plus malin . Et là, voyant la catastrophe, Cléopâtre se sauve, sur son bateau, avec son bellâtre d’Antoine, qui, courageusement, laisse ses marins à leur triste sort… Je ne sais pas la fin d’Antoine, mais on sait tous que Cléopâtre s’est suicidée (pour quelle raison ?) en se laissant piquer par un sale serpent venimeux… Dès notre retour je replonge dans cette histoire passionnante !
Et ce retour, vous tous qui suivaient Wadi Rum depuis le début, hé bien , c’est bientôt ! On l’a sorti de l’eau aujourd’hui, et dernière vacherie, un courant violent l’a flanqué sur le ponton en béton, lui faisant une belle cabosse…qu’on va réparer, don’t worry ! Et il va passer l’hiver, tristounet, dans un immense parking à bateau, attendant le printemps ! Et nous, une nuit de bus pour Athènes ( non non, je ne parle plus d’histoire !) sans prendre de quart ! Et Olympic Airways nous ramène cheu nous ! Ouf… on laisse décanter et on fera, peut-être, un petit bilan…. Et à ce sujet, on aimerait avoir votre avis sincère (vous n’oserez pas !) sur ce verbiage qui nous rassemble tous les 15 jours ! Allez, courage ! Lâchez vous ! En tout cas, moi j’ai découvert le plaisir de partager notre virée avec vous tous, par écrit, et c’était très très sympa, comme celui d’avoir des petits mots de vous ! A très bientôt, on vous embrasse JJ et S

jeudi 25 octobre 2007


Bientôt la Grèce !

Voila 5 jours qu’on attend à Gallipoli que le temps s’améliore, mais aujourd’hui c’est encore de l’W force 8… heureusement nos voisins suédois sont sympas et on passe de longs moments ensemble.
Et nous avons liés des liens amicaux très forts avec un patron pêcheur qui nous reçu chez lui pour déjeuner dimanche.. On vous racontera.. Comme tu dis , Yves, c’est moins idyllique qu’en plein été , mais au moins y a plus de touristes et tout est plus authentique !
Enfin le temps se calme ...on largue demain pour route directe Preveza
On devrait être de retour dans 10 à 15j.. alors à bientôt….

jeudi 18 octobre 2007

J’aimerais tant voir Syracuse……

Salut à tous,

Toujours plus Sud pour retrouver Emilie à Catane. Juste avant, escale très agréable à Acitrezza, petit port de pêche tranquille qui n’a l’air de rien et pourtant c’est là qu’Ulysse a eu maille à partir avec le Cyclope.
…..Cet horrible Cyclope avait capturé Ulysse et son équipage, avait déjà dévoré six de ses compagnons avant qu’Ulysse ne lui crève son œil unique et réussisse à se sauver avec ses copains….Fou de douleur et de colère, le Cyclope, maintenant aveugle, a envoyé d’énormes rochers en mer, pour tenter d’écraser, en vain, les fuyards…..Ces rochers, pinacles volcaniques, sont toujours là, à l’entrée du port ! Comme à chaque fois qu’Ulysse est dans le coin , on pense à « Spirou » et à son équipage…..
Mais aussi, c’est à Acitrezza que Visconti a tourné un film-documentaire poignant sur la dure vie des pêcheurs misérables d’ici : « La terre tremble », avec uniquement les gens du village comme acteurs !
A Catania, étape de 2 jours à la marina conseillée par les amis, pour accueillir Emilie….et journée mémorable en attaquant l’Etna par sa face Sud et en montant jusqu’au cratère principal en activité, à 3300 m….. Crapahut d’une journée dans un décor impressionnant de laves refroidies, de scories, de lapillis, où le noir domine, avec les fumerolles de souffre qui vous dégagent, ou plutôt vous agressent les bronches, et des fumées blanches de vapeur d’eau qui sortent du sol brûlant… Certes, pas d’explosions, ni de laves en fusion ( et heureusement !), mais des moments inoubliables dans ces paysages lunaires ! Et mes vieux genoux ne sont pas prêts d’oublier !
Le lendemain, ballade dans le marché coloré, animé, grouillant de vie, au milieu des cris et de la foule…et en profiter pour acheter quelques tranches d’espadon et se régaler comme jamais avec du poisson !
« J’aimerais tant voir Syracuse…… », et il a bien raison, Henri Salvador, car Syracuse vaut le voyage : son théâtre grec, creusé dans le calcaire, le plus beau en dehors de la Grèce, son amphithéâtre romain (reprenez vos définitions de théâtre et amphithéâtre…vous aurez des surprises !), ses latomies (carrières servant de prison) où la vie ne devait pas être des plus gaies pour les prisonniers….sa vieille ville, ses ruelles, ses monuments…..Oui, Syracuse est un enchantement !
Et pour revenir aux réalités marines, encore une histoire de mouillage rock’n roll à vous mettre sous la dent! A Syracuse, on accoste à la Méditerranéenne, c'est-à-dire qu’on est perpendiculaire au quai (nez ou cul au quai), et pour rester dans cette position perpendiculaire, on a, au préalable, mouillé une ancre à quelques distances du quai, sur laquelle on s’accroche bien, tous les bateaux étant alignés les uns à coté des autres…… mais voila que le vent monte sérieusement, (25 nds) évidemment il est minuit, et une vedette italienne (encore !!...) dérape sur son ancre, commence par venir s’appuyer sur son voisin, un voilier américain, et voulant se dégager au moteur, drague avec son ancre le mouillage de l’américain, qui, à son tour libre de l’arrière, vient bousculer le petit voilier qui est à coté de nous et qui s’appuie sur Wadi Rum….le principe des dominos qui tombent les uns sur les autres….. mais WR est bien ancré, et résiste vaillamment à la charge imposée……mais le pauvre skipper de la vedette, paniqué et seul à la manœuvre , laisse son bateau venir contre l’arrière de WR, avec le risque majeur, ou d’embarquer aussi, notre ligne de mouillage avec son ancre qui racle toujours le fond, ou carrément de la couper (câblot textile !) avec son hélice….. 1/2h de lutte pour qu’il ne touche pas notre arrière, en le suppliant (en gueulant !) d’aller se dépatouiller de tout ce qu’il a ramassé plus loin…..mais la barrière de la langue et le stress de ce pauvre gars ne simplifient pas les choses….. en fin de compte il s’éloigne, et notre mouillage tient !! Et chacun de remettre de l’ordre dans sa position….. Le tout, sous les yeux ravis des promeneurs sur le quai, au spectacle pour de vrai !
Retour à Acitrezza, et nous conduisons, assez tristounets, notre Emilie à l’aéroport à Catane…..
Nous attendons ici une météo plus favorable pour aller vers l’Est, en compagnie de Tommy et Lotte sur leur bateau « June » qui porte un beau et grand pavillon rouge barré d’une croix blanche. Ils sont danois, et naviguent depuis 11 ans en Méditerranée, avec seulement 3 retours brefs au pays…. ! Ils parlent français et sont très sympas, et le temps passe tranquillement. Lui, grand gaillard blond de 70 ans, solide et souriant, belle gueule de Viking, elle, gérant tout sur le bateau, comme une fourmi, tous les deux plein d’expérience!
Enfin, au 4°jour, à 3h du matin, sous un ciel étoilé superbe, mais avec encore des éclairs à l’horizon, nous avons quitté silencieusement ce petit port sympa, non sans avoir quand même réveillé notre ami Tommy qui nous salue du quai….Cap au NE vers la semelle de la botte calabraise…..le moteur fonctionne toute cette longue journée, comme d’habitude, vent trop faible ou de face. Rocella Ionica puis Le Castella…. Avec un beau château aragonais très (trop ?) retapé, sur un îlot. Il n’a pas empêché, le fameux pirate algérien Barberousse, en 1536, de le prendre, de le brûler, et d’emmener les femmes et les enfants en esclavage…..les hommes étant probablement passés par les armes ! On ne plaisantait pas à cette époque, et les pirates ravageaient toute la Méditerranée, c’était une menace majeure permanente partout.
Là, on est bloqué par un coup de Nord de 7 avec des rafales à 8 qui font gîter le bateau sur place ! Ce vent s’appelle ici la Tramontana, et le Grecale (le Grec) quand il passe à l’Est. D’ailleurs la température est descendue brusquement à 14° le matin…on se les caille ! Les polaires sont de sortie, comme les bermudas à manches longues ! Bref, c’est l’automne ici aussi, malgré le soleil. On passera 4 jours à Le Castella à attendre une météo favorable. Temps mis à profit pour réviser une nouvelle fois le dessal qui « disjoncte », pour nettoyer le bateau et bricoler diversement.
Une nuit, Charles, notre voisin gallois qui navigue en solo sur un voilier de 9m, vient demander de l’aide à 5h du matin…. Sous le vent fort, un bateau de promenade a rompu une amarre et est en train de taper sur les rochers, ainsi que la vedette qu’il a à couple…. C’est le bruit des 2 bateaux cognant sur les rocs qui a alerté notre ami…. Et nous voila tous les trois , dans le froid de la nuit, à ramarrer les embarcations en goguette ….Vous voyez, même dans un port abrité, il y a du spectacle !
Enfin, le mardi 16 octobre on reprend le large, malgré une mer encore agitée et houleuse, mais sans vent ! Escale à Ciro Marina …. Pauvre Calabre, c’est vraiment le sud du sud de notre Europe…. A Ciro , la communauté européenne a permis de construire un port magnifique, il y a moins de 10 ans . Il est déjà en ruine…..Eclairé par d’immenses lampadaires genre terrain de foot, qui devraient faire le jour au milieu de la nuit…un seul projecteur (sur 6) d’un seul lampadaire (sur 5) fonctionne…leur béton semble être uniquement de sable et tout s’effrite déjà….tous les circuits électriques sont éventrés ….un seul point d’eau (avec fuite chronique)… Quelle désolation ! Y a du boulot !
A l’aube Wadi Rum quitte son quai délabré pour traverser le golfe de Tarente, réputé pour ces coups de tabac violents. La météo est satisfaisante, on ne traîne pas : toujours vent faible de face, et « mare mosso » c'est-à-dire agitée …cap sur Gallipoli ! On est dans le talon de la botte. Gallipoli est une vieille ville que nous trouvons presque aussi belle que Syracuse , bien qu’elle aie beaucoup moins de beaux monuments, mais elle est plus populaire et plus authentique.
Nous sommes le long du quai, derrière un voilier suédois….mais sur le quai des pêcheurs, et au retour de notre ballade en ville , un chalutier s’est garé juste derrière nous, et on constate qu’il a donné un coup à nos panneaux solaires,, il y a peu de dégâts, mais c’est désagréable. (Il faut reconnaître que Wadi Rum n’est sûrement pas à sa place !)
C’est d’ici que nous envoyons ce message, le dernier aussi dense, car nous voila à la fin de notre 5° mois de vagabondage…. Et la vie n’est plus aussi agréable : les jours sont bien plus courts, il fait plus froid, la météo devient hivernale et plus sévère …. Encore une escale italienne, puis les eaux territoriales grecques avec Corfou puis Preveza où Wadi Rum passera l’hiver. Mais on vous racontera bientôt ce dernier épisode
On vous embrasse tous JJ et S